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S.F.I.O.
Rapport sur l'antimilitarisme à la Conférence nationale des Jeunesses socialistes
(23 mars 1913)

Le secrétaire-adjoint donne lecture des télégrammes des Jeunesses socialistes de Norvège, des Jeunesses socialistes d’Allemagne, et des Jeunesses socialistes d’Autriche, des Jeunesses socialistes de Suisse, et des lettres des jeunesses de Bohème, et des Pays-Bas.
Puis le Citoyen Levy prend la parole pour son rapport sur :


Cette question de l’antimilitarisme est pour les groupes de Jeunesse extrêmement importante, en raison même de la part d’action qui lui revient.
Le militarisme est une plaie pour la société actuelle tout entière, mais nous ne devons pas oublier que ce sont les jeunes gens qui sont intéressés le plus directement à toute augmentation des armements, puisque ce sont eux qui seront appelés les premiers à en supporter le poids, et que de plus, leur mentalité pourra influer sur l’usage qu’en voudrait faire la bourgeoisie capitaliste au pouvoir.
La nécessité de définir notre antimilitarisme n’échappera à aucun socialiste et encore moins aux organisations de Jeunesses.
L’antimilitariste en effet, sans être défini ou mal défini, a été l’occasion de grouper des jeunes gens venant de tous côtés, et de les entraîner à une action souvent désordonnée, et qui n’avait rien de socialiste. (On confondait trop facilement les charges et les ennuis qui pèsent sur les jeunes gens appelés au service, avec l’antimilitarisme ouvrier. Et cette théorie pouvait aboutir à ce fait que l’antimilitarisme n’aurait pas sa raison d’être, si l’on avait admis que seraient seuls, soldats, ceux qui le voudraient, et si la vie de caserne était modifiée au point de vue hygiène et matériel.)
Notre antimilitarisme n’est pas fait de crainte sentimentale, ou de la peur du dégoût de la caserne. Nous pouvons nous servir de ces arguments dans notre propagande, parce qu’ils la renforcent, mais nous ne devons pas oublier que le militarisme est un des soutiens du capitalisme, et que comme tel, nous la combattons.
Les ouvriers le comprennent d’instinct, parce que dans les grèves, les mouvements de révolte contre le patronat, ils ont vu toujours l’armée du côté du capitalisme, soit pour remplacer les ouvriers, soit pour les fusiller.
Quant à l’augmentation des armements, ils sont en eux-mêmes une folie, et pour le militarisme lui même, le plus grand danger.
Il arrivera un moment où les peuples ne pourront plus supporter le fardeau des charges militaires. C’est le militarisme qui se détruit lui-même, ce qui ne veut pas dire que nous devions rester inactifs, mais au contraire, nous permet d’agir plus efficacement.
Comment doit-on lutter contre le militarisme, et amener aux groupes de Jeunesses socialistes, les jeunes travailleurs non organisés, sans vue sur l’avenir, et sans idéal ?
A ceux qui font partie des jeunesses socialistes nous leur disons : “rester à la caserne les socialistes que vous étiez à la ville”. Le Sou du soldat est en lui-même un moyen permettant aux camarades soldats de rester en contact avec les groupes de jeunesses.
Quant à ceux qui ne sont pas encore socialistes, il faut essayer de les faire sortir de l’indifférence coupable. Divers moyens sont à employer : la propagande collective faite au moment du départ de la classe, dans les réunions publiques, peut atteindre à ce but ; la propagande individuelle, qui s’adresse plus particulièrement à un camarade, permet aussi les recrues nécessaires et indispensables au développement de l’organisation de la jeunesse ouvrière. Pour toucher les jeunes qui partent au régiment, il faut se procurer la liste des conscrits, répandre les journaux, les brochures et les tracts socialistes.
N’oublions pas que si nous voulons détruire le capitalisme, il faut essayer de détruire le militarisme. Aussi montrons par des exemples frappants, que l’armée est mise au service du capitalisme contre les prolétaires. ”
Les délégués applaudissent vigoureusement le discours de Levy, dans lequel, une fois de plus, la Jeunesse ouvrière et socialiste de France, a vu sa pensée et son idéal mis au point, et soutenus énergiquement contre ses adversaires.
 NOMINATION DU COMITE NATIONAL
Le Citoyen Théo Bretin demande la nomination d’une commission qui sera chargée de présenter une liste de camarades, comprenant 5 titulaires et 5 suppléants. Le Camarade Vialle déclare que Cappocci l’a chargé de présenter sa candidature. Le résultat du vote est : Strago Fernand, Ancet Louis, Lyon Maurice, Rebillat Marcel, Cambier Catulle. Ces cinq Camarades sont donc titulaires. Les cinq suivants sont suppléants, ce sont : Cappocci Oreste, Sigogneau Raymond, Evrard Lucien , Lucotte Henri, Vialle Charles. Sur la demande de Cambier, Strago donne des renseignements sur le prochain Conscrit. Strago rappelle que le Comité national a fait rééditer la brochure de Stuttgart (Conférence internationale des Jeunesses). Ancet demande à ce qu’on y ajoute le compte-rendu de la conférence de Copenhague renvoyé au comité national. Puis Levy demande à la conférence de ratifier le manifeste contre les Trois ans voté au Comité national.
L’ordre du jour épuisé, Strago remercie les délégués, et Cachin, président, délégué par la Commission Administrative du Parti, prononce une belle allocution.
“ Je vous avoue, dit-il que je suis émerveillé du mouvement intéressant, qui se manifeste chez les jeunesses. Le nombre ne fait rien à la chose. Les délégués représentent un nombre d’adhérents déjà raisonnable. C’est plutôt l’esprit qui importe. Nous partons un petit nombre de camarades, nous arriverons, nombreux au poteau. Je souhaite aux jeunesses socialistes longue vie, prospérité et succès !"
Les délégués applaudissent vivement à ce beau discours, et c’est au chant de l’Internationale que les camarades quittent la salle de délibération d’où la Fédération nationale de Jeunesses sort plus forte et grandie.

Tag(s) : #le socialisme français avant 71, #centenaire de la grande guerre

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